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À
la découverte de l'âme créole... |
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LA
REUNION, ÎLE SUCRÉE DES TROPIQUES À CROQUER
Le Courrier de l'Ouest
- parue le 09 janvier 2005 - Jean Jacques Fouquet
« L’île intense »,
c’est celle des sensations fortes, du parapente à
la plongée en passant par le rafting, celle des paysages
colorés à vous couper le souffle et du bleu de
son lagon.
La Réunion vous pénètre sitôt le
pied posé sur le tarmac de l’aéroport Roland-Garros,
au nord de l’île. A 11 000 kilomètres de
la métropole, elle se dévoile, métisse,
souriante et chaleureuse.
Dans cette France du bout du monde, seules les voitures et les
enseignes évoquent la métropole. Les derniers
modèles des marques françaises forment les embouteillages
aux heures de pointe, sur la Nationale 1, route côtière
qui va de Saint-Denis, au nord, à Saint-Gilles-les-Bains,
à l’ouest. 55 000 véhicules y transitent
chaque jour, soit autant que sur un périphérique
parisien.
La vie des Hauts
Loin de la vie trépidante de Saint-Denis et de la très
cotée Saint-Gilles où flambe l’immobilier,
« L’île intense » s’apprécie
en son cœur. Les trois cirques de Mafate, Cilaos et Salazie,
avec le piton des neiges qui culmine à 3069 mètres,
offrent une nature intacte. Pour qui n’a pas 85€
à débourser pour rallier un cirque en hélicoptère,
Mafate, par exemple, se gravit à la force des mollets.
Avant que Jean-Marie Lapeyre crée, il y a 18 ans, Hélilagon,
les habitants n’avaient que les boeufs pour se ravitailler.
Cinq heures pour descendre, sous des microclimats multiples
et capricieux. On comprend pourquoi les « noirs marrons
», qui fuyaient l’esclavage y avaient trouvé
refuge.
Aujourd’hui, les 700 habitants des Hauts bénéficient
de conditions sanitaires correctes et du chauffage solaire.
Mais Marie-Paule, l’infirmière, doit, d’îlet
en îlet, aller soigner ces populations isolées.
« Je suis à la fois sage femme, infirmière,
assistante sociale. J’ai même recousu un chien !».
Paradis du randonneur
Patrick Chefson, un Breton, technicien forestier de l’Office
National des Fôrets, installé à La Nouvelle,
veille sur les 3000 hectares de Mafata et 140 kilomètres
de sentiers. Son rôle : préserver les plantes endémiques
et lutter contre les pestes végétales. Il se souviendra
du cyclone Dina, en janvier 2002 : « 1200 mm, soit trois
ans de pluie bretonne en 24 heures ». Mais au milieu de
ces remparts naturels abrupts, on ne peut rêver plus grand
calme. Des gîtes bien aménagés et des tables
d’hôtes accueillent les randonneurs. Puis couvre
le charme des villages créoles des hauts. Même
lorsque le volcan de la Fournaise se tait, qu’il est noyé
dans le brouillard, l’île offre de quoi vivre d’inoubliables
aventures.
LE POIDS DU TOURISME
« Le tourisme est le premier produit d’export de
l’île. Ses recettes sont supérieures de plus
de 50% à la valeur de l’ensemble des exportations
réunionnaises. En 10 ans, elles ont progressé
de 152% » explique René-jean Barrieu, directeur
du Comité du tourisme de La Réunion. « En
2003, nous avons accueilli 432 000 personnes, dont 80% de la
métropole ». a côté de l’Île
Maurice, les Réunionnais ont choisi de miser sur le tourisme
qui génère chaque année 350 emplois, soit
10% des emplois créés. Les capacités d’hébergement
continuent de se diversifier, y compris dans le sud sauvage.
DE LA BAGASSE À
LA MÉLASSE
La canne à sucre reste un moteur économique de
l’Île de La Réunion. 4 400 producteurs se
partagent 26 500 hectares.
La canne à sucre réunionnaise, avec deux centrales
thermiques, produit un quart de l’électricité
de l’Île.
Chaque année, sont brûlées 640 000 tonnes
de bagasse (fibre provenant du broyage de la canne).
C’est à partir du jus filtré, transformé
en sirop et cuit, que l’on obtiendra les grains de sucre.
Puis la liqueur restante appelée mélasse (soit
4% de la canne) est distillée pour la fabrication du
rhum.
Une visite de l’une des distilleries de La Réunion
est riche en arômes et en couleurs. Les différentes
distilleries développent toute une gamme de produits.
Chez Savanna, à Saint-André où l’on
broie 8 000 tonnes de cannes par jour, le vin de mélasse
sort à 94° pour titrer entre 40 et 45° une fois
distillé. Depuis deux ans est apparu le rhum agricole
vieux, conservé trois ans.
Les vrais amateurs apprécieront le rhum vieilli en fût
de chêne de 3 à 15 ans d’âge. 300 000
litres dorment dans les chais où le seul fait d’y
respirer vous enivre.
LA RECETTE DU ROUGAIL
SAUCISSE
Pour 4 personnes : 600 gr de saucisses fraîches, 6 petits
oignons, 6 gousses d’ail, 8 petites tomates, 4 piments
verts, un petit bout de gingembre, 2 cuillerées à
soupe d’huile.
Procédé : piquer les saucisses. Les faire bouillir
dans un litre d’eau (15 mn). Émincer oignons et
tomates. Piler ensemble ail, piments (ou poivre) et gingembre.
Débiter les saucisses en trois ou quatre.
Ajouter deux cuillères à soupe d’huile dans
la marmite et y mettre les saucisses. Laisser frire 3 mn. Ajouter
les oignons, mélanger 3 mn. Ajouter le mélanger
pilé, mélanger 3 mn. Ajouter les tomates, remuer
laisser cuire à feu moyen.
LES SECRETS DES PLANTES
DES VILLAGES CRÉOLES
Quinze villages des hauts de l’île, ont conservé
leurs traditions et leur caractère créole.
Alors que 80% de la clientèle touristique de La Réunion
est hébergée sur le littoral, les villages ont
peu à peu ouvert leurs portes pour faire découvrir
le sens de l’accueil des chambres d’hôtes,
leur architecture, leur culture et leur cuisine métissée.
En voiture, rien de plus simple que de partir à la découverte
de Bourg-Murat, Cilaos, Saint-Rose ou encore des Makes, chaque
village développant un thème différent.
Les plantes à
tout faire
Dans le cirque de Salazie, à Hell-Bourg, ancienne station
thermale, « plus beau village de France », il est
question des traditions. Après une visite de la maison
coloniale Folio, on entre de plain-pied dans le mystère
des plantes avec Patrick Manoro, guide « PEI » (Patrimoine
et Environnement de notre Île).
« Nos parents, ils étaient misères, mais
riches de savoir faire et de convivialité » rappelle
Patrick qui, au cours d’une balade naturaliste, parlera
des bienfaits du « coin-coin » sur l’herpès,
du succulent
« cari babafigue » (fleur de banane) ou du très
prisé cari de tangue (sorte de musaraigne). Intarissable,
il en racontera sur les qualités du chouchou (le porcs
végétal qu’on mange de la tête aux
racines), sur l’efficacité du néflier du
japon contre la bile, sur les feuilles bragelle qu’on
peut utiliser comme papier toilette…
L'ART DE SE METTRE AU PARFUM
Le géranium entre dans la composition des parfums de
Jean-Paul Gaultier et le ylang-ylang est utilisé dans
le N°5 de Chanel. Les senteurs réunionnaises se mettent
en flacon. A la Coopérative agricole des huiles essentielles
de Bourbon (caheb) située au Tampon, au sud-ouest de
l’île, on apprend qu’il faut 250 kg de géranium
bourbon pour donner à peine un litre d’huile essentielle,
que le vetyver, traditionnellement cultivé par les hommes
en raison de la profondeur de cette racine, entre dans la tendance
zen des parfums. Se promener dans le jardin des senteurs, humer
la baie rose (faux poivrier) qui parfume les poissons et dont
raffolent les parfumeurs américains, ou encore respirer
le cryptomeria, ce résineux qui donne du tonus aux sportifs,
c’est pénétrer dans un univers olfactif
inconnu.
Alchimie d'huiles essentielles
Mais la cerise sur le gâteau, après avoir assisté
à une distillation, c’est de fabriquer sa propre
eau de toilette à partir d’huiles essentielles.
Christian Vernin, maître parfumeur, chimiste de formation
et issu de la parfumerie Grassoise, est un excellent professeur.
Ce petit fils de patron parfumeur - dont le frère jumeau
a préféré l’œnologie –
a mémorisé entre 3 000 et 4 000 arômes,
s’est orienté vers l’aromathérapie.
Un peu de cinnamon spice, un zeste d’hespérides
des hauts, quelques gouttes de ylang-ylang et, comme note de
tête, de l’orange tonique, et l’on obtient
par exemple son eau de toilette personnalisée…qu’on
est certain de sentir sur d’autre personne.
NOUVEAUTÉ D’AIR FRANCE
Depuis le 13 décembre, pour assurer les dix vols hebdomadaires
Paris-La Réunion, Air France propose un avion de dernière
génération, le Boeing 747-400 équipé
des « nouveaux espaces du voyage », soit le mieux
en matière de confort avec fauteuils- lits. La cabine
Tempo, par ailleurs, offre désormais un confort identique
à celui proposé sur les lignes internationales.
Le prix de l’aller retour varie de 550 € HT (basse
saison) et 829 € HT (haute saison) pour la classe Tempo,
à 3006 € HT et 4760 € HT pour la classe Affaire.
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LA
RÉUNION DES QUATRE ÉLÉMENTS
Republicain Lorrain
- parue le 24 juin 2005 - Christian Frohnhofer
Née il y a 3 millions d’années,
La Réunion s’ouvre naturellement à une clientèle
touristique plus motivée par la découverte que
la farniente. A 800 km à l’est des côtes
malgaches et 200 km de l’Île Maurice, ce département
français d’outre mer offre des sites grandioses.
Sous le Piton des Neiges, point culminant de l’Océan
Indien à 3070 m, les paysages sont bouleversants de variété.
Aller des plages tropicales à 30° à des Hauts
verdoyants à 19°, et ce en plein été
austral, est l’un des attraits magiques. Ici, les dieux
de l’eau, du vent, de la terre, de l’aire et du
feu ont signé un pacte. Ensemble, sur une circonférence
de 207 km, entre deux volcans, dont l’un « la Fournaise
» est très actif, ils ont créé les
cirques de Cilaos, Mafate et Salazie.
Côté terre, des paysages ciselés par l’érosion
à découvrir d’abord à pied (1 000
km de sentier balisés) en s’arrêtant dans
les gîtes, les refuges, les chambres d’hôtes
ou encore dans une petite épicerie. A chaque étape,
la beauté du décor couronnera l’effort.
Des guides « péi » font partager « leur » Réunion, celle de leur enfance où
leur mère, en voyant passer les familles des «
Zoreilles » (les métropolitains) leur disait «
mon fils, on é misère ».
Plonger et s’envoler
Et pourtant, aujourd’hui, ils montrent leurs richesses
aux visiteurs, celles qui explosent aux eux, jaillissent à
l’ouïe, perturbent l’odorat et exaltent au
palais. Des sorties découverte qui peuvent se faire en
VTT au départ de plusieurs stations ou encore des randonnées
à dos de cheval.
L’eau est partout. Elle jette un voile sur les hauts,
elle tombe des cirques, elle envahit les vallées, elle
sillonne entre les roches. Elle défie les mordus de canyoning
tropical qui goûtent aux frissons du tumulte. Elle enchaîne
cascades et rivières pour les amateurs de kayak, de mini-raft,
ou encore d’hydrospeed. Là aussi, sorties et expéditions
accompagnées s’ouvrent aux passionnés. Difficile
de résister à l’appel du grand bleu. Voir,
depuis un bateau, le soleil se coucher sur La Possession, cet
endroit où les premiers colons français ont débarqué
fin juin 1638. Plonger dans les eaux de Saint- Gilles pour y
suivre les poissons multicolores jusque dans leurs cachettes
de coraux. Partir en pleine mer pour se frotter au thon banane
d’une quarantaine de livres avec qui il faudra se battre
avant de le voir surgir hors de l’onde agitée avec
ses yeux remplis de furie et ses dents acérées.
Prendre l’air en escaladant des falaises de 45 m, s’envoler
sur les ailes du plaisir. D’abord en hélicoptère,
entre cimes et abîmes. Voir la forêt primitive,
les canyons, les volcans. S’enfoncer dans les trous de fer
recouverts du voile des cascades. Juste derrière le rideau
montagneux, le vertige de la descente vers Hell-Bourg, plus
beau village de France, ancienne station balnéaire. Ou
encore se lancer en parapente des hauts surplombant Saint- Leu
pour monter jusqu’à 1100 m entre ciel et mer. Sentir
l’odeur des brûlis, être chahuté par
les courants chauds, voir l’ombre d’une raie filer
dans l’océan, chavirer ivre de vent avant de se
poser sur une plage d’or.
Enfin, animé d’un feu sacré, partir pour
une ultime étape : le piton de la Fournaise (2200 m).
Les traces de la dernière éruption, survenue entre
le 13 août et le 9 septembre 2004, sont encore visibles.
Suite à ce combat le volcan aura gagné : l’île
s’est agrandit de 9 hectares ! Un goût d’aventure
enrichi des saveurs du rhum de la distillerie Savanna, des senteurs
du marché de Saint-Paul, du fumé de fameux «
rougail saucisse ». Ravissement de la musique, juste avant
l’envol vers la Métropole, sur l’air de «
tite fleur fanée » pour rentrer épanoui.
PRATIQUE
Air France assure dix vols par semaine. Un choix astucieux entre
un vol de nuit au départ de La Réunion et un vol
de jour, trois fois par semaine. Le type d’avion est le
B747-400 avec 17 sièges en affaire, 57 en Alizé
et 400 en Tempo assurant un confort identique à tous
les vols internationaux. Selon disponibilités, vol A/R
à partir de 924 € (plus frais d’agences).
Les villas du Lagon à Saint-Gilles-les-Bains avec 174
chambres réparties sur 23 villas de type créole.
Le directeur Olivier Rousselier, un Lorrain, vous accueille
dans un cadre somptueux à partir de 140 € en basse
saison. Autre solution : aller dans un gîte de montagne
comme celui tenu par André Begue à Mafate.
Tous les plaisirs de l’eau s’offrent aux amateurs.
D’abord la plongée à Saint-Gilles avec les
moniteurs de Bleu Marine qui vont de l’initiation au passage
de brevets. Ensuite, les eaux vives avec la descente des torrents
lors de l’été austral en kayak ou rafting,
sans omettre le canyoning. Mais aussi la pêche au gros
d’avril à mai pour le thon jaune et de septembre
à décembre également en y ajoutant le requin,
la daurade et le passage des gros marlins. Sur terre, 6000 m
cumulés d’escalade, Une vingtaine de sites sont
ouverts. Pour la randonnée. Dans les airs : le survol
de l’île en hélicoptère à 25
€ la minute. Et l’aile volante à Saint-Leu
entre montagne, ciel et mer avec Bourbon Parapente.
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CANNE
À SUCRE
Excellence mag
- Sept 2005 - Eric Mirabel
Déjà 15000 ans
avant J-C, la richesse prodiguée par la canne à
sucre a influencé la vie économique et sociale
de nos continents.
La substance essentielle, très connue dans ses applications
sucrées et/ou alcoolisées, voit aujourd’hui
un débouché industriel et énergétique.
Aujourd’hui, dans un contexte de développement
durable (irrigation, redéploiement des superficies cannières,
amélioration du rendement), la filière est sous
le contrôle des pouvoirs publics, dont la stratégie
consiste en la stabilisation de la production de canne à
sucre (30000 hectares et 2,5 millions de tonnes).
Étonnant traitement de la canne
Plusieurs coproduits sont issus du traitement de la canne. Bagasse,
mêlasse, écumes sont valorisées et deviennent
énergie, alcool et engrais.
A l’heure du développement durable et au stade
de l’étude à l’île de La Réunion,
la canne à sucre est choisie dans l’élaboration
du bio-carburant.
Plus surprenant encore, la présence d canne au cours
du processus de production de plastifiants, adhésifs,
explosifs, vernis, cosmétiques ou détergents.
Et le rhum ? la distillation directe du jus de canne engendre
le rhum agricole (72°) .
Le rhum traditionnel de sucrerie s’obtient à partir
de la mêlasse, jeune ou vieilli (78°) ou bien sûr
allégé pour la transformation en spiritueux (94°).
La
« Distillerie de Savanna » prolonge l’histoire
Cette rhumerie réunionnaise, très ancienne, a
été transférée en 1992 à
proximité de la sucrerie, sur le site de Bois Rouge.
Avec le plus grand chai de vieillissement de l’île,
quelques 300 000 litres vieillissent à l’abri de
fûts en chêne massifs assurant un arôme unique.
La chaîne de fabrication est validée par l’AFAQ
(association française assurance qualité) selon
les critères de la norme ISO 9001 version 2000.
Cela facilite les échanges commerciaux et garantit la
satisfaction du consommateur, une première en Europe
dans la branche d’activité.
Cette rhumerie historique et moderne produit deux types de rhum
exportés pour la majeure partie en Europe :
- les rhums de sucrerie aux appellations spécifiques
: léger, traditionnel, grand arôme, vieux, maturé,
paille.
- Le rhum agricole.
Une
distillerie, deux grande marques.
« Rhum Savanna » et « Cap Savanna »
concrétisent la maîtrise de ce produit en catégorie
haut de gamme.
En préambule de voluptueuses dégustations (avec
modération !) nous vous livrons les 6 appellations très
suggestives proposées aux consommateurs : Savanna Créol,
Savanna Lontan, Savanna Métis, Savanna intense, Cap Savanna,
3, 5 et 7 ans,et le fameux 15 ans d'âge. |
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