Suivi environnemental des rejets de Distillerie
de Savanna
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La réalisation de cette étude, 6 années après le début du suivi biologique initié sur ce site, concrétise le souhait des différents partenaires (Industriels, scientifiques, Structure de l état, Collectivités) de rechercher le meilleur compromis possible entre activité industrielle, recherche de solutions de traitement ou de rejets alternatives, et protection de lenvironnement marin littoral, qui constituent autant denjeux fondamentaux pour La Réunion.
Cette étude qui peut être qualifiée de pilote et novatrice pour La Réunion a débuté en 1993 par une première phase détude basée sur une approche pluridisciplinaire (réalisation de suivis physico-chimique, biologique, halieutique, ). Elle sest ensuite focalisée en 1999 lors dune seconde étape, sur un suivi plus précis basé notamment sur lanalyse dindicateurs biologiques et physico-chimiques pertinents du milieu récepteur, permettant dappréhender lévolution progressive et durable du milieu marin profond au niveau du site de Bois-Rouge. Dans ce cadre, plus de 5000 dénombrements dorganismes et plus de 300 analyses sédimentaires ont été effectués, permettant ainsi de réaliser un diagnostic environnemental rigoureux au regard de la complexité du sujet traité (difficultés dintervention in situ, approche scientifique novatrice sur les indicateurs biologiques, suivi des rejets, ).
Aujourdhui, ce suivi environnemental apporte un certain nombre de réponses à des interrogations et à des attentes souhaitées par les différents partenaires : Les analyses effectuées en 1999 mettent en évidence un impact sur les écosystèmes marins profonds localisés face au complexe industriel, qui peut être considéré comme positif pour lenvironnement marin. En effet, le suivi des bio-indicateurs endogés et des variables du milieu ont mis en évidence un accroissement significatif de la biomasse animale et un maintient de la biodiversité, liés à des enrichissements organiques et minéraux en milieu sédimentaire profond. Ceci constitue en soit des éléments exceptionnels pour des zones marines habituellement assez pauvres dun point de vue biologique. Cette amélioration de la structure des peuplements biologiques profonds constitue un élément positif pour lenvironnement marin dans la mesure ou elle contribue à développer les réseaux trophiques et la productivité naturelle du milieu marin en zone profonde (source alimentaire potentielle pour les peuplements halieutiques). 2- Le type de rejet adopté par forage profond répond avec satisfaction aux attentes environnementales liées à ce choix méthodologique, notamment destiné à préserver la bande côtière. Les résultats semblent confirmer le rôle attendu de "filtre géologique épurateur" effectivement joué par le milieu marin souterrain en zone littorale, dans la mesure où des résurgences deffluents organiques dégradés semblent affecter le milieu marin sédimentaire profond 5 à 6 années après le début des injections de vinasse. Ceci confirmerait le temps de transit très long des effluents dans le sous-sol marin. Le suivi des peuplements biologique dans le temps montre quil existe une très forte probabilité pour que ces effluents naturellement dégradés par le sous-sol soient à lorigine de laccroissement de biomasse localisé dans lespace au niveau de " la zone à plus forte présomption de sortie deffluents identifiée en 1992 /1993 ". Dans le même temps, toutes les analyses effectuées par la DASS sur les nappes phréatiques littorales et sur le piézomètre de contrôle situé en amont du forage d'injection se sont révélées négatives à une pollution par la vinasse. Ceci constitue donc un argument supplémentaire confirmant lutilisation préférentielle de ce procédé de rejets en zone maritime lorsquils ne peuvent être évités. 3- L'utilisation des peuplements endogés vivant dans les sédiments comme des indicateurs biologiques de qualité du milieu benthique (analyse structurelle des communautés, espèces déterminantes, ) s'est révélée particulièrement sensible et efficace pour détecter les modifications de constitution du milieu marin, même modérées. La transposition de cette approche méthodologique et son application à d'autres types de pollution organique (urbaine, industrielle, agricole) en zone marine littorale est donc tout à fait envisageable. Le suivi environnemental du milieu marin réalisé depuis 6 ans a permis dacquérir un certain recul qui peut être considéré aujourdhui comme significatif, même si une certaine prudence doit être gardée dans linterprétation des résultats obtenus à lissue de la campagne de suivi 1999 (impact à 8 /10 ans). Cependant, ce travail devrait être complété par une approche hydrogéologique complémentaire permettant de mieux comprendre le fonctionnement réel des transits hydriques en milieu souterrain au niveau du forage dinjection. La situation du milieu marin profond et de ses peuplements peut être considérée comme satisfaisante à ce jour. Comparativement à dautres procédés de rejet en mer, le forage profond en zone littorale semble constituer un mode de rejet optimal à mettre en uvre, lorsque que cela savère nécessaire et possible, dans le cadre dune politique de gestion intégrée de lenvironnement marin littoral. Il permet de concilier : 2 - une productivité biologique complémentaire en milieu profond, 3 - lutilisation dun procédé de rejet original et novateur, intégré dans lenvironnement marin de La Réunion. |