Histoire

LE RHUM ANTIQUE.

Alkhôl, « produit subtil » est un mot d’origine arabe. En effet, ce sont les arabes qui, après la conquête de l’Egypte, ont diffusé les techniques de la distillation. Riche savoir transmis aux chrétiens d’occident par les écrits des savants moyen-orientaux, ce furent les alchimistes du Moyen-Age qui, distillant du vin, tirèrent ce précieux liquide. Ils l’appelèrent aqua vitae, eau-de-vie : ils le considéraient comme un elixir de longue vie.

Les premiers alambics sont en verre ou céramique. Dès le XVe siècle apparaîssent les alambics en cuivre permettant un plus grande capacité de distillation.

La production et la consommation des eaux-de-vie se développent dans toute l’Europe. Les colons voient tout le parti qu’ils peuvent tirer de la fermentation et de la distillation des produits sucrés de la canne à sucre. Dès le début du XVII siècle, on trouve des eaux-de-vie de canne sous des noms divers: guildive (déformation française de l’anglais kill-devil, tue-diable), ou encore tafia, rumbullion.

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De l’alcool vers le spiritueux.

Au début du XVIIIe siècle, le père dominicain Jean-Baptiste Labat consacre toute son énergie à améliorer cette liqueur qu’il trouve « forte, violente, bon marché, rude et désagréable ». Il met au point un alambic ingénieux permettant la fabrication d’une eau-de-vie bien plus raffinée. Cet appareil restera en usage jusqu’au XXe siècle. Le père Labat est, peut-on dire, le « père du rhum ».

À La Réunion, la principale boisson des créoles au début de la colonisation, est le fangourin, jus de canne fermenté, non distillé. En 1704, on signale la présence d’alambics pour distiller le fangourin et obtenir l’eau-de-vie. Elle porte les noms de: guildive, tafia, arack.
Le mot rhum n’entre en usage qu’après 1688. Il vient de l’anglais rum, abréviation de rumbillion. Ce n’est que depuis un siècle que le mot rhum prévaut.

À la conquête du monde.

Longtemps considérées comme une boisson vulgaire, les eaux-de-vie de canne font partie des rations des esclaves et des marins. Pirates, flibustiers, aventuriers des mers, aux XVIe et XVIIe siècles, recrutaient une partie de leur équipage en soûlant dans les ports, les marins de la marine nationale. Ceux-ci, trop ivres pour répondre à l’appel, devenaient déserteurs et n’avaient d’autres choix que de s’enroler chez les forbans.

Dès le milieu du XVIII siècle, la qualité des rhums s’améliore considérablement. On assiste alors au développement de l’exportation vers l’Europe, et , notamment, l’Angleterre.
Les Anglais, vers 1740, consomment le rhum principalement sous forme de punch. Le mot punch, dériverait de l’hinsdoustan panch signifiant « cinq ». Sa formule initiale comportait cinq ingrédients: rhum, thé, sucre, citron, cannelle.
Rapidement la consommation de rhum gagne les pays du Nord et l’Allemagne. Toutefois les plus fervents adeptes du rhum ont été les Nord-Américains, qui ont même développé leur propre production à partir de mélasses.

En France, l’essor de la production des îles françaises en rhum est entravé par la volonté du gouvernement royal de protéger les eaux-de-vie de vin. Il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour qu’on en consomme dans les cafés métropolitains.

 

 

 

 

Entrée en scène de l’île Bourbon, futur île de La Réunion.

Au début du XIXe siècle, la France perd deux importantes colonies productrices de rhum: Saint-Domingue et l’île de France. La Réunion va reconvertir son économie et devenir à son tour une île à sucre et à rhum.
À partir de 1815, la culture de la canne va connaître à Bourbon un formidable essor. L’île va jouer, au plan mondial, un rôle important dans l’amélioration de l’activité sucrière, grâce principalement à l’action des frères Desbassyns. En 1815, Charles Desbassyns installe la première Distillerie moderne sur sa propriété de la Rivière-des-Pluies. Les exportations de sucre de Bourbon passent de 21 tonnes en 1815 à 72 000 tonnes en 1861.

Les distilleries réunionnaises : histoire et innovation.

L’histoire des Distilleries réunionnaises est étroitement liées à celle des sucreries. Après une période initiale euphorique, au cours de laquelle le nombre d’usines s’est multiplié à un rythme rapide, l’économie sucrière a connu, de 1860 à 1914, une crise sévère. Les petites usines ont fermé ou intégré les usines voisines.

Des 189 usines existant en 1830, on passe à une vingtaine vers 1914.
Cette concentration a suivi sont cours dans les 70 dernières années jusqu’à arriver à trois aujourd’hui. Mais cette très forte réduction du nombre de Distillerie n’a nullement affecté la capacité production. Au contraire, elle est à l’heure actuelle au plus haut niveau qualitatif et quantatif de son histoire.

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